Larbi Abid, médecin algérien « une fois par an, en jeûnant, nous réactivons des mécanismes de notre corps qui ne sont pas utilisés en temps normal mais qui, en cas de pénurie de nourriture ou d’eau, nous permettraient de survivre plus longtemps. On peut raisonnablement penser que la réactivation régulière de ces mécanismes les entretient et leur permet d’être immédiatement disponibles en cas de besoin, comme l’exercice physique entretient les muscles, les os et les articulations ». Etant donné qu'il n'y a plus de famines ou de pénuries d'eau dans la plupart des régions du monde est-ce encore utile tant les désagréments sont nombreux ? 1. Diminution du temps de sommeil de deux à quatre heures, ainsi qu’un sommeil court et fractionné. Sur un mois, un véritable déficit de sommeil réparateur risque de se développer, mettant les nerfs à rude épreuve... Les médecins recommandent de ne pas se coucher trop tard, même si les repas familiaux invitent à la veille ! 2.Le ramadan a des conséquences médicales importantes dans le domaine hormonal, avec des hypoglycémies fréquentes, surtout dans les premiers jours du jeûne, dans le domaine de l’hydratation, avec des urines plus concentrées et moins abondantes, sur le transit intestinal, avec l’apparition de constipation, et dans le domaine psychologique, car le jeûne est une contrainte que l’esprit impose au corps » 3. Trois experts marocains pointent dans le British Medical Journal, daté du 2 octobre, que les patients ont tendance à « modifier arbitrairement les heures de prise de médicament, le nombre de doses, la durée entre les prises et même la quantité totale de médicaments durant le mois de ramadan ». Ils insistent sur le fait qu’il ne suffit pas de poursuivre la prise de médicaments, mais qu’il faut aussi les absorber au bon moment. 4. Le jeûne est censé purifier le corps mais sa rupture, l’iftar, peut avoir des effets pervers. Après s’être privés toute la journée, les gens mangent en grande quantité le soir et souvent plus sucré et plus gras qu’à l’ordinaire. Ramadan, c’est le mois de toutes les tentations où les sucreries partagées en famille sont de sortie... Le mois sacré est loin d’être diétiquement correct. Ainsi, de nombreux pratiquants, hommes et femmes confondus, avouent prendre quelques grammes, voire quelques kilos à chaque ramadan. |
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