Une crise financière au beau fixe enfin !... Presque.

Les places boursières européennes vont-elles sourire enfin ? Le programme de sauvetage, adoptés le 12 octobre dernier, portant sur les garanties de crédits interbancaires, aurait-il tenu ses promesses ? mais pour combien de temps encore ?
Les cours boursiers s'envolent, l'économie européenne s'affole !

Quelques heures après l'annonce d'un plan d'action "commun" lancée simultanément par l'Eurogroupe pour sauver le système bancaire face à la crise, les Bourses mondiales remontaient aussi vite qu'elles avaient plongé la semaine dernière. A Paris par exemple, le CAC 40 s'est envolé de plus de 11%, sa meilleure performance en 20 ans d'existence. Un optimisme à toute épreuve après sa plus forte baisse hebdomadaire de son histoire (-22,16%) la semaine dernière. De même pour Wall Street qui a ouvert en hausse pour clore sur un feu d'artifice de 11,08%. Une progression inédite de plus de 900 points en une séance après huit jours de pertes. De la même façon en Europe, la Bourse de Milan a terminé la journée sur un bond de 11,49%, le Dax de la Bourse de Francfort à +11,40%, l'Ibex de la Bourse de Madrid à 10,65%, Londres à +8,26%, l'ATX de la Bourse de Vienne à +12,77% et le BEL 20 de la Bourse de Bruxelles à +9,48%. A en croire Bill Bishop, analyste chez ABN Amro Morgan, « il s'agit du premier mouvement solide auquel le marché peut se raccrocher et c'est un rebond qui peut donner un peu de confiance. ». Certes la coopération des gouvernements de la zone euro, a su faire oublier la panique de la semaine dernière mais un enthousiasme de courte durée. Une nette hausse qui selon les boursicoteurs, ne serait pas si spectaculaire que cela !

« La crise financière n'est pas n'est pas finie ! »

L'Eurogroupe avait promis près de 1700 milliards d'euros pour dégripper la machine bancaire : 480 milliards d'euros pour Berlin, 360 milliards pour Paris, 200 milliards pour La Haye, Madrid et Vienne 100 milliards chacun, Lisbonne 20 milliards et l'Italie dépenserait autant qu'il le faudrait. Ces actions concertées ont ainsi redonné espoir aux investisseurs auparavant restés de marbre face à la baisse des taux directeurs des banques centrales et au plan de Henri Paulson, Secrétaire au Trésor américain. Qu'on se le dise, « la crise financière n'est pas derrière nous, elle n'est pas finie... », confiait récemment le Premier ministre François Fillon, à nos confrères de LCI, la chaine info. Et pour cause, de mauvais indicateurs économiques pour les pays occidentaux semblent se profiler et pourrait rapidement rabattre l'optimisme boursier. A commencer par le Trésor américain dont les chiffres du déficit budgétaire pour 2007-2008, sont presque trois fois supérieur au déficit de la période précédente. Autre signe de détente, les taux à trois mois sur le marché interbancaire dont le blocage a été au cœur de la crise, se sont dernièrement repliés. Et de nouveau, les rumeurs persistantes de nationalisation de la banque franco-belge Dexia par l'État belge qui ont récemment fait chuter la valeur de son titre -16,16% à la Bourse de Paris.

Un plan économique sous haute vigilance au moins jusqu'au 31 décembre 2009

Pour le moment, l'économie européenne ne risque pas de se paralyser. "Les banques qu'on assistera devront payer", a souligné le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Les crédits interbancaires étant valables pour une période temporaire déterminée au 31 décembre 2009, les garanties d'État seront "payantes" pour les institutions bancaires, rémunérées selon les taux du marché. De plus, les Quinze se sont engagés à empêcher les banques les plus importantes de leur gouvernement de faire faillite, notamment en procédant à des opérations de recapitalisation, ce que Londres a déjà fait. Elle va investir jusqu'à près de 50 milliards d'euros pour ses trois plus grandes banques à savoir, Royal Bank of Scotland (RBS), HBOS et Lloyds TSB, les nationalisant de fait. Les gouvernements européens semblent enfin prêts à laisser filer leurs déficits. Ils ont par la même occasion, rassuré les contribuables, affichant leur intention de récupérer un jour leur mise auprès des banques.

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